On s'attendait à un hommage vibrant, à un geste, à un merci de la part de ses partenaires.
Ce fut le cas. Entre les vingt-sept joueurs partis en car et cinq autres qui avaient rejoint la ville catalane en voiture, ce ne sont pas moins de trente-deux joueurs « rouge et noir » qui avaient fait le déplacement à Perpignan.
Tous tenaient à fêter la « der » du demi de mêlée australien Matt Henjak, arrivé sur la rade en 2008, et contraint, pour des problèmes d'ordre administratif, de s'effacer afin de faire place à l'Argentin Felipe Contepomi.
Sauvetages et carton
Une remise de maillot symbolique était d'ailleurs prévue avant le coup d'envoi.
Une sorte d'hommage pour service rendu.
C'est son ami Mafileo Kefu, avec qui il avait l'habitude de partager la chambre lors des déplacements, qui a pris le temps de lui remettre la tunique « rouge et noir ».
Poignant...
Mais il ne fallait pas oublier, qu'il y avait surtout une rencontre à jouer.
Et l'Australien, pour sa dernière, était titularisé par Philippe Saint-André contre le champion de France en titre. Joli final.
Le demi de mêlée se souviendra d'ailleurs longtemps de cette rencontre.
Quatre-vingts minutes durant lesquelles l'Australien est passé par tous les états. Appliqué d'abord, c'est lui qui sauvait son équipe en aplatissant dans son en-but dès la 9e lorsque Sébastien Fauque se faisait contrer sur un dégagement.
C'est lui aussi qui galvanisait ses coéquipiers sur chaque ballon récupéré. Souriant. Profitant de chaque seconde, chaque prise de balle, comme si c'était la dernière.
C'était sans compter sur cette 21e minute malheureuse. Alors que son équipe souffre, le demi-de-mêlée commet un acte d'antijeu en empêchant de jouer une pénalité rapidement.
Carton jaune. Pas son premier. Mais celui-ci coûte très cher. Deux essais encaissés plus tard, il retrouve sa place sur le terrain mais connaît quelques difficultés pour retrouver le rythme. Souvent trop lent dans les sorties de balles, il faudra attendre la seconde période pour le voir retrouver ses sensations.
Merci bon vent...
Plus vif, il réussit enfin à dynamiser le jeu toulonnais.
C'est d'ailleurs ce regain de forme qui coïncide avec la bonne période varoise.
Quelques ballons auraient certes mérité de sortir un peu plus vite pour espérer déstabiliser une défense perpignanaise bien en place.
Mais deux autres cartons auront raison de la bonne volonté varoise, qui subit la loi du champion de France.
Dommage, l'Australien aurait sûrement préféré meilleure sortie.
Mais pour services rendus, une seule chose nous vient à la bouche : « Merci Henjak et bon vent... »